Vérifier sa fiche de paie : l’essentiel

Publié le 29-03-2025

Recevoir son bulletin de paie est un rituel mensuel. On y jette un œil rapide, on regarde si le net à payer est cohérent… et on le range. Mais savez-vous que près d’un salarié sur cinq reçoit au moins une fiche de paie erronée chaque année ?


Erreur de classification, mauvaise application de la convention collective, primes oubliées, heures non majorées… Une simple inexactitude peut avoir des conséquences immédiates (salaire, primes) ou différées (retraite, arrêts maladie, licenciement). Dans cet article, vous trouverez tout ce qu’un salarié doit savoir pour contrôler, contester et sécuriser ses bulletins de paie.



Pourquoi vérifier son bulletin de paie ?

Le bulletin de salaire est le reflet de vos droits : il sert à calculer votre retraite, vos indemnités journalières en cas d’arrêt, vos droits à la formation…
Mais c’est aussi un document juridique : si une erreur s’y glisse et n’est pas corrigée, elle peut être considérée comme acceptée.
Or, les erreurs sont fréquentes, notamment dans les petites entreprises, les structures sous-traitant la paie, ou les logiciels mal paramétrés.


Les erreurs les plus courantes

Lors de nos audits chez PaieUp Salariés, nous rencontrons des erreurs récurrentes qui peuvent passer inaperçues, mais qui ont souvent des impacts importants sur la rémunération, les droits sociaux ou les futures indemnités du salarié.

Salaire brut ou net incorrect
  • Mauvais taux horaire appliqué : un taux trop bas ou non conforme au minimum conventionnel.
  • Prime non versée ou oubliée : primes d’ancienneté, de panier, de froid, etc.
  • Heures supplémentaires non majorées ou oubliées dans le calcul.
Absences, arrêts ou congés mal intégrés
  • Jour d’absence mal déduit ou déduction injustifiée.
  • Arrêt maladie sans subrogation : le salarié ne perçoit rien alors que l’employeur touche les IJSS.
  • Congés payés mal calculés ou non soldés.
Cotisations sociales mal calculées
  • Taux erronés, erreurs sur le PAS ou la CSG/CRDS.
  • Plafonds de cotisations mal appliqués.
  • Net imposable incorrect, faussant la déclaration fiscale.
Mauvaise classification
  • Coefficient trop bas par rapport aux responsabilités.
  • Poste mal renseigné, impactant la grille salariale.
  • Statut erroné : cadre/non-cadre.
Anomalies de mentions obligatoires
  • Convention collective absente ou inexacte.
  • Mentions interdites (ex. : absences injustifiées sans preuve).
  • Coordonnées erronées de l’entreprise.


La convention collective mal appliquée : l’erreur la plus fréquente (et la plus coûteuse)

C’est l’angle mort de 80 % des bulletins erronés. Et pourtant, les conséquences sont majeures.

Qu’est-ce qu’une convention collective ?
C’est un accord entre les syndicats de salariés et les employeurs, adaptant le Code du travail à un secteur donné. Elle est obligatoire dès lors qu’elle est mentionnée sur le bulletin de paie ou applicable par défaut.

Que contient-elle ?
  • Minima salariaux supérieurs au SMIC.
  • Primes obligatoires : ancienneté, panier, froid, etc.
  • Majors spécifiques : travail de nuit, dimanche, fériés.
  • Conditions plus favorables : arrêts maladie, congés exceptionnels.
  • Indemnités de rupture supérieures à celles du Code du travail.
Pourquoi ces erreurs ?
  • Par méconnaissance.
  • Par négligence.
  • Par volonté de réduire les coûts.
Et pourtant, ces obligations ont valeur de loi.

Exemple réel
Une salariée d’officine payée au SMIC (1 766 €), alors que la convention prévoit un minimum à 1 940 € + 4 % d’ancienneté. Elle perd plus de 2 500 € par an. Sur 3 ans, cela représente plus de 7 500 € de perte.


Comment repérer une erreur ?
  1. Comparez avec votre contrat de travail : taux horaire, primes, durée.
  2. Contrôlez la convention collective appliquée.
  3. Vérifiez les heures sup/majorations.
  4. Analysez les absences et déductions.
- Conservez vos bulletins au moins 5 ans.


Que faire en cas d’erreur ?
  1. Signalez-la par écrit à l’employeur.
  2. Demandez une régularisation ou bulletin rectificatif.
  3. En cas de refus, saisissez les prud’hommes (délai de 3 ans).


Et si vous avez quitté l’entreprise ?
Attention au solde de tout compte :
  • Indemnités mal calculées.
  • Congés payés oubliés.
  • Attestation Pôle emploi incorrecte.
Chaque année, des milliers de salariés acceptent des erreurs sans le savoir.


En conclusion
- Les erreurs de paie sont fréquentes, même chez les bons employeurs.
- Elles impactent vos droits, votre retraite, vos indemnités.
- Vous pouvez agir, dans un délai de 3 ans.
- Des experts peuvent vous aider.


PaieUp vous accompagne
Chez PaieUp, nous vérifions votre bulletin de paie ou solde de tout compte pour 34,90 € TTC.
Réponse claire et argumentée sous 7 jours ouvrés.